samedi 11 avril 2009

Regard sur Le Soufisme



C’est du Soûf, vêtement de laine grossier non écru sentant la suif, que le soufisme tire son appellation. Il était porté par les mystiques de l’islam, ceux qui cherchaient Dieu dans le dépouillement. Le premier à le porter fut Hashim Ohman Sharik en 160 de l’égrégore. Ceux que l’on nomma plus tard "al Soufi", furent des alchimistes arabes qui s’occupaient de la purification du soufre. L’origine arabe du mot est "tasauwuff"signifiant "union intime avec Dieu". Cette doctrine ésotérique et ascétique apparue au VIIIème siècle, s’étendit des rivages de l’Afrique du Nord, en passant par la Syrie, la Turquie et l’Espagne. Les initiés enseignaient un hymne à la divinité de l’Être supérieur, au Grand Architecte de l’Univers en dehors duquel rien n’existait, ce n’est pas une religion, mais une pensée universelle, qui prône l’amour et la liberté absolue comme voie de salut possible. Véritable philosophie de l’âme, avec sa langue et ses symboles. Constitué de "Tarika", sociétés initiatiques bien définies, il fait éclater les limites de la conscience ordinaire, prônant la méditation quotidienne, pour retrouver la flamme divine cachée au fond de l’être. Quête de sa vie, emmenant l’homme au-delà de sa matérialité quotidienne. Chaque maître soufis (shaykh) s'entoure d'un groupe de disciples et anime une confrérie, ou haqiqa, fondée par un grand maître des siècles passés. Il possède une méthode pour l'accession à l'unité divine, et nul ne peut remettre en cause la validité de son enseignement du moment qu'il se réfère à l'islam. Les maîtres du soufisme, exemples d'une vie religieuse, n'ont pas besoin de s'attacher aux formes officielles du culte. L'ascension vers Dieu passe par les exercices pratiqués dans les confréries : veilles (sahar), jeûnes (siyâm), danses (derviches tourneurs), litanies (dhikr, littéralement, "rappel " du nom de Dieu), contrôle respiratoire ; mais ce mouvement individualiste fut condamné par l' islam traditionnel (wahhâbisme), entraînant la mise à mort de al-Hallâdj en 922.
Parmi les maîtres soufi, on peut citer Nasruddin Hodja, Mevlana Djeaddedinle fondateur des Derviches Tourneurs, et Ibn’Arabi qui vécut entre 1165 et 1240, figure de la spiritualité de son époque. Avec Nizhham la compagne parfaite, il porta l’amour à sa quintessence, dans un élan qui conduit l’être vers son origine divine. L’éveil du coeur chez le "çufi" est perçu comme la faculté de percevoir le transcendant, situé au centre du corps dans une certaine verticalité, il est synonyme de l’esprit, comme centre de notre être, soleil intérieur, il transmet la lumière à l’obscurité de l’âme. Central, élevé, le soufi n’exclut pas l’extérieur, car l’extérieur est un des noms divins. Ce qu’il exclut est l’extériorité du profane, celle dans laquelle l’égo accorde son attention aux choses de ce monde seulement pour elles même. Pour le soufisme toute la vie est le chemin initiatique du retour, le mantra en est le rappel, il appelle une réelle transformation vivante du comportement humain dans la nécessité de la redécouverte des choses. Au travers de cette quête initiatique, le soufi réinvestit le partage du sacré, et peut-être réinvestit-il l’homme d’un outil permettant sa réintégration dans son origine divine?...

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